Église saint Cyr et sainte Julite :
La première mention d'une église dédiée à St Cyrice (qui deviendra St Cyr puis St Cyr et Ste Julitte) date de 824 et encore il n'est question que du "chemin qui mène à St Cyrice", le nom de Pomerols n'est pas précisé. Il s'agissait sans doute d'une modeste petite église destinée au culte hebdomadaire et desservant les habitants exploitants des terres des manses proches. L'église actuelle date du XIIIème siècle dans sa partie la plus ancienne, c'est à dire le chœur et les deux chapelles latérales classés monument historique, elle aurait été fondée par les moines de l'abbaye Saint Sever d'Agde.
A la fin du XVIème siècle, le village fut dévasté et l'église incendiée pendant les guerres de religions. Elle fut réédifiée en 1600.
La dédicace à "St Cyr et sainte Julite" fait sans doute référence d'une part aux saints locaux (Ste Florence et St Thibéry) martyrisés sous l'empereur Dioclétien au IVème siècle pour leur adhésion à la religion chrétienne, et d'autre part aux habitudes en ce temps là de dédier un lieu de culte à un martyr. St Cyrice (qui deviendra St Cyr) était un enfant qui fut martyrisé au IVème siècle sous Dioclétien ainsi que sa mère Julite à Tarse.
L'église actuelle comprend une nef et deux bas côtés avec cinq travées. Pour les deux travées proches du chœur les arcs doubleaux reposent sur des piliers, les deux travées suivantes sur des colonnes engagées, alors que les trois dernières reposent sur des culs de lampe et seraient plus récentes.
Le chevet est constitué d'un plan polygonal à sept pans, à la clé de voûte une croix entourée d'une bague. Le chœur est éclairé par cinq fenêtres dont le cadre extérieur est en arc brisé. L'arc triomphal repose sur des colonnes engagées avec chapiteau, décoré à gauche de feuilles d'acanthe, celui de droite comprend différents blasons (peut être s'agit-il des notabilités ayant contribué à la réédification de l'église en 1600).
Son retable baroque :
Les retables se généralisèrent à partir du XVIème siècle, ils avaient pour rôle d'éduquer et d'édifier les fidèles. Érigé en 1676 en bois sculpté et doré à la feuille d'or, il est l'œuvre du Maître sculpteur Cannet d'Agde et du maître doreur Balthazar Tirgit de Pézenas. Il s'agit d'un triptyque (à trois Pans) alors que l'architecture de la nef en comporte cinq.
Les panneaux latéraux contiennent les statues de St Pierre et de St Paul. Le panneau central, œuvre d'un peintre de Béziers, est occupé par une toile représentant la comparution de St Cyr et Ste Julite devant le tribunal de l'empereur Dioclétien assis sur son trône.
Les panneaux sont encadrés par des colonnes torsadées autour desquelles s'enroulent des rameaux de vigne. L'entablement qui couronne l'ensemble comporte des rinceaux de feuillage sur lesquels se détachent des têtes d'anges et au-dessus, des consoles qui soutiennent la corniche.
Le clocher :
Il se dresse orgueilleusement au-dessus des toits et semble veiller heures par heures sur les habitants de Pomerols.
Le clocher date du XIVème siècle, il n'eut jamais qu'une fonction de surveillance. A sa base et adjacent se trouve un bâtiment voûté d'ogives. Ce bâtiment servi de siège au comité permanent des sans culottes pendant la révolution tant que la patrie fut décrétée en danger et de maison de ville depuis le XIVème siècle jusqu'à 1841 et également de maison d'école dès 1682.
La chapelle des pénitents blancs :
Construite en 1633, contiguë à l'église, elle a pris appui sur la maison commune, à la limite du tour d'enceinte. Les pénitents blancs étaient une assemblée de laïcs particulièrement dévoués à la passion du Christ, ils se devaient d'aider "leurs frères mourants ou malades et d'assister aux processions de la semaine sainte et aux cérémonies".
Le centre ancien :
Dans le cœur du vieux village, au détour des ruelles fleuries et ensoleillées, on découvre des maisons anciennes aux façades du XIV, XV et XVIème siècle. Sur la place de la Mairie, où se trouve l'ancienne maison consulaire, le "griffoul" fontaine érigée en 1629, a été remplacé par la Marianne Républicaine en 1913.
Chaque rue au nom évocateur, possède sa propre histoire, citons en désordre la rue de l'Hôpital, la rue de la Brèche, la rue du Puit St Michel ou la rue de l'Amour en prolongement de la rue des Casernes …